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Critique : « Instinct de Survie », disponible en Blu-Ray

Le requin de Noël

Les fêtes de fin d’année approchent. Noël, le sapin, le froid, la neige (qui semble bien partie, cette année)… En cette fin d’automne glaçante, rien de tel qu’un petit film prenant place dans un décor paradisiaque fait de sable chaud, de belles pépées en bikini et d’eau turquoise. Mais ne vous y trompez pas : parfois le paradis peut cacher l’enfer. Un enfer des profondeurs que la sublime Blake Lively va découvrir à ses dépends dans cet Instinct de Survie.

L’histoire

« The Shallows » (ou Instinct de Survie en VF) nous raconte l’histoire de Nancy Adams, une jeune américaine lambda, qui décide de venir surfer en solitaire sur un spot réputé secret, situé sur une magnifique plage mexicaine. Très vite, le rêve vire au cauchemar lorsqu’elle est attaquée par un requin grand blanc particulièrement agressif. Désormais à 200 mètres du rivage, la jeune femme se retrouve piégée sur un rocher, à proximité du grand squale qui attend le bon moment pour attaquer sa collation.

   

Un soupçon d’originalité à l’horizon

Vu d’ici, vous allez me dire : comment peut-on faire tenir un film doté d’un script aussi léger? Ce n’est effectivement pas une mince affaire puisqu’en terme de contenu, exit les interactions entre personnages, exit les variations de lieux… Et pourtant, malgré l’étendue de cette magnifique plage de sable blanc, c’est bel et bien à un huis clos tendu que l’on a affaire. Et contrairement à ce que l’on peut croire, c’est vraiment loin d’être déplaisant. Il faut noter que ce type de film est somme toute fort peu répandu. J’entends par là, un film de survie sur le thème des prédateurs. Hormis le premier « Jaws » (les dents de la mer) qui est à mes yeux un petit bijou magnifiquement culte, le dernier film de requins que j’ai pu voir remonte à 1999. Et c’était – pardonnez-moi – une belle bouse puisqu’il s’agissait de « Peur bleue », une histoire abracadabrante de requins génétiquement modifiés avec un Samuel L. Jackson subissant la mort la plus expéditive de l’histoire du cinéma…

…Bref. Tout cela pour dire que j’avais hâte de voir débouler un nouveau film de requins pour tenter de me réconcilier avec le genre. La question était donc de savoir si ce film y parviendrait ou non.

Salut, toi…

Des débuts flippants, mais pas dans le bon sens

Je dois bien avouer que le résultat est au-dessus de mes espérances. Et ce, malgré un début qui m’a -je dois le dire– plutôt fait peur, mais pas comme j’aurais voulu. Les premiers instants du film nous plongent dans l’ambiance (c’est le cas de le dire) , en nous proposant Blake Lively et son corps de rêve glissant dans de gigantesques rouleaux d’eau claire, en équilibre sur sa planche. Le résultat visuel est plutôt joli… même s’il fait affreusement penser à l’un de ces clips musicaux que l’on trouve sur la chaîne VEVO, et sur lesquels on peut tomber en zappant sur sa télévision. Plans séquences rythmés par des ralentis en saccades, filmés à l’avantage des courbes de la comédienne, le tout sur fond de musique électro… A cet instant, on est encore loin de ce que le film a réellement dans les tripes.

Euh…Salut, toi

Dans le vif du sujet…

La suite est d’une autre qualité, rassurez-vous. Lorsque le requin fait son apparition, une ambiance particulière commence peu à peu à s’intiller. Il y a comme une sorte d’ambivalence dans ce que l’on ressent en voyant la comédienne en danger : on est pourtant bien sur une plage mexicaine somptueuse, baignée dans un soleil de rêve, du sable si blanc qu’on dirait de la neige, et pourtant, on en viendrait presque à se sentir claustrophobe. Car pour la jeune Nancy, l’espace vital tient désormais dans un dé à coudre, et chaque initiative peut lui coûter la vie en une seconde. C’est d’ailleurs là le tour de force accompli par la comédienne, qui, je le rappelle, ne donne la réplique à personne sinon à elle-même pendant pratiquement tout le film. Et malgré cela, elle campe un personnage crédible et juste, et qui parvient à nous ficher la frousse.

A sa place, je ferais pas le malin non plus

Une bonne gestion de la peur

Côté scénario, l’intrigue souffre fatalement de quelques moments un peu longuets, mais finalement pas tant que ça si on y regarde de plus près. Et en plus de jouir d’une comédienne montrant quelques talents à faire passer la peur non dénués d’intérêt, on notera aussi l’application du réalisateur à assurer une excellente gestion de cet équilibre, qui existe entre ce que l’on voit et ce qui nous est caché. Je m’explique :

ce qui permet au spectateur d’avoir peur dans un film d’épouvante passe nécessairement par ce qu’il ne voit pas, ou par ce qui est suggéré. Il peut se passer pleins de choses dans un film d’épouvante, mais plus la peur nous est distillée, saupoudrée je dirais même, plus les émotions seront intenses. Résultat garanti. Vous aurez beau être un vétéran du film d’épouvante (et je parle ici du vrai film d’épouvante, pas de « Hostel » ou de « Massacre à la tronçonneuse » qui n’entrent pas du tout dans la même catégorie), si le travail est bien fait, vous sursauterez toujours sous votre couette en vous rongeant les ongles.

Sans aller jusque là dans « the shallows », je trouve que les apparitions du requins, et les quelques astuces de mise en scène pour le rendre effrayant, accentuent la peur d’une excellente façon. La mayonnaise prend, et je partais pourtant pas gagnant sur ce coup là.

Le final

Le déroulement du scénario trouve donc assez rapidement son rythme, offrant même une intéressante montée en puissance grâce à quelques belles idées de mise en scène, et sans pour autant aligner les jump scares putassiers toutes les cinq minutes (c’était ma crainte car à vouloir trop souvent faire peur, on finit par désamorcer celle-ci). Cette montée en puissance vient ainsi se conclure sur un climax plutôt réussi et même haletant, et ce, malgré une séquence finale un peu too much à mon goût, offrant au spectateur la satisfaction de ne pas avoir été escroqué et d’avoir même passé (ce fut mon cas) un bon moment.

Notre avis

80
Malgré ce qu'inspire son titre français un peu trop convenu et passe partout, "Instinct de survie" (que je préfère nommer par son titre original "The Shallows") n'en demeure pas moins plaisant à regarder. Doté d'une mise en scène inventive et inspirée, embellie de quelques prouesses visuelles qui font largement le café, le film trouve aussi sa puissance dans sa comédienne. Blake Lively insuffle avec justesse à son personnage cette peur de mourir, et cette combativité que l'on peut ressentir une fois au pied du mur. Un bon petit moment de stress à savourer, qui n'est pas sans rappeler cette même sensation que l'on avait éprouvé sur le premier "les dents de la mer"...
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